- le calvaire contre l'église de Raville
Les chanoinesses avaient un statut religieux un peu particulier.
D'abord elles venaient de la noblesse; elles devaient avoir 16 quartiers de noblesse. On les appelle aussi les dames nobles.
Elles ne prononçaient pas de vœux et pouvaient donc quitter librement le chapitre pour se marier.
Elles percevaient les revenus des biens que possédait le chapitre ( terres, fermes…). Pas de vœux de pauvreté donc.
Elles assistaient aux offices et portaient pour les cérémonies de beaux costumes noirs, de grands manteaux noirs bordés d'hermine, mouchetée pour l'abbesse et unis pour les chanoinesses. L'abbesse portait une croix pectorale et une crosse.
Elles habitaient dans des maisons canoniales, situées tout autour de l'église et du cloître. Les maisons passaient les unes aux autres selon les départs et les décès.
Elles habitaient dans des maisons canoniales, situées tout autour de l'église et du cloître. Les maisons passaient les unes aux autres selon les départs et les décès.
Le pouvoir du chapitre St-Goery à Epinal reposait sur:
- - l'abbesse : élue parmi les chanoinesses. On l'appelait Madame d'Epinal. Elle est le chef spirituel et temporel.
- - la doyenne : chef du chapitre pour le temporel; élue, elle gère les biens du chapitre.
- - la secrète : elle s'occupe de la décoration de l'église, de la garde du trésor, perçoit les rétributions des offices. Elle prête serment devant l'abbesse.
Le chapitre administrait l'hôpital St-Goery, s'occupait du bouillon des
pauvres et se trouve à l'origine de plusieurs couvents et congrégations.
En dehors des offices elles portaient des habits civils. Elles visitaient leur famille.
Sur le plan spirituel Epinal dépendait directement du Pape.
Le chapitre d'Epinal disparut en 1791 dans la tourmente révolutionnaire. Les maisons canoniales furent vendues; certaines rachetées par leur occupante; certaines y restèrent et d'autres rejoignirent leur famille.
- une chanoinesse au XVIIème siècle
Pour la famille de Raville on a pu répertorier quelques personnes.
- Madeleine de Raville, chanoinesse à Epinal, encore en vie le 25.08.1623, date à laquelle ses neveux lui assignent un capital de 1200 écus à 5 francs pièce, monnaie de Lorraine, lui léguée par le testament de feu ses parents Jacques de Raville et Marguerite de Bassompierre.
- Claude-Marguerite, qui apparaît le 22.10.1638 dans une sentence du Conseil provincial, la mettant en possession des biens demeurés en commun avec ses frères. En 1638 et 1642 , elle est chanoinesse à Epinal. Elle est la fille de Pierre-Ernest de Raville et de Anne de Pallant.
- Eve-Philippine, chanoinesse à Prague; elle est la fille de Jean-Philippe de Raville et de Marie-Thérèse Knebel de Catzenellenbogen ( mariage vers 1720 ).
La vie quotidienne et honorifique des chanoinesses n'avait pas de comparaison avec la vie monastique qu'avaient choisie certaines autres femmes de la famille de Raville :
- Hadwige, religieuse en 1284 ; fille de Robert III de Raville et de Clémence de Rosière.
- Anne de Raville, entre au couvent de Marienthal, où elle fut nommée prieure en 1480; fille de Jean de Raville et de Marguerite de Sierck ; elle mourut en 1503.
- Marguerite, prieure à Marienthal de 1580 à 1616 ; sœur de Madeleine elle est la fille de Jacques de Raville et de Marguerite de Bassompierre.
- Marie-Dorothée et Anne-Madeleine de Raville citées toutes les deux le 6.2.1661 à l'occasion d'un acte de donation de 1000 écus par leur père Florent de Raville que leur doit la belle famille de Larochette. Soit, elles moururent jeunes ou plutôt entrèrent au couvent car elles n'apparaissent plus dans aucun acte.
- une chanoinesse au XVIIème siècle
Les hommes de la famille de Raville ne sont d'ailleurs pas en reste, on en compte un certain nombre, qui a choisit la voie religieuse.
Sources:
- La famille Raville de Jean-Claude LOUTSCH
- Renseignements fournis par Marie-France Grandclaudon, Epinal
BOULANGER Erwin
Bulletin Municipal Raville 2002
01- 01- 2002